|
Poème d'Y. L., ami des Soeurs
Pourquoi ma Soeur ? Ô ma Soeur, Pourquoi es-tu affublée d'une longue robe noire ? C'est pour mieux faire comprendre que notre vie n'est pas toujours rose, mon frère. Ô ma Soeur, Pourquoi es-tu coiffée de deux grandes cornettes ? C'est pour mieux faire entendre l'appel de nos frères rejetés. Ô ma Soeur, Pourquoi portes-tu des capotes sur la tête ? C'est pour mieux te rappeler qu'il faut toujours se protéger, mon frère. Ô ma Soeur, Pourquoi es-tu si bien maquillée ? C'est pour mieux paraître à la fois différente et égale à chacun, mon frère. Ô ma Soeur, Pourquoi as-tu dessiné un triangle rose sur ton manteau ? C'est pour mieux commémorer le souvenir de nos frères tués pa le fascisme. Ô ma Soeur, Pourquoi traînes-tu une lourde croix ? C'est pour mieux te rappeler nos frères emportés par la maladie. Ô ma Soeur, Pourquoi manifestes-tu à chaque LGP ? C'est pour mieux lutter contre toutes les discriminations, mon frère. Ô ma Soeur, Pourquoi es-tu toujours accompagnée d'un Garde-Cuisse ? C'est pour mieux me défendre contre l'homophobie ambiante, mon frère. Ô ma Soeur, Pourquoi tiens-tu des propos où se mêlent l'encouragement et la méfiance ? C'est pour mieux te faire penser que rien n'est jamais acquis, mon frère. Ô ma Soeur, Pourquoi as-tu toujours le sourire ? C'est pour mieux t'inciter à la perpétuelle indulgence, mon frère. |
||
|
|
Extrait
"Je ne comprends pas. Il n'y a aucun choix à aimer une fille. C'est violent. C'est l'instinct. C'est la peau qui parle. C'est le sang qui s'exprime. Céline n'a pas choisi d'aimer Olivier. Je n'ai pas choisi d'aimer Diane. C'est une loi physique, c'est une attraction. C'est comme la Lune et le Soleil. C'est comme la pierre dans l'eau. C'est comme les étoiles dans le ciel. C'est comme l'été et la neige. C'est de l'histoire naturelle. Ca reste longtemps dans le corps. C'est inoubliable. C'est la grande vie. J'aime Diane, je suis milliardaire. " Nina Bouraoui, La Vie Heureuse
2000 |
||
|
|
Liberté
Les murs ne sont pas toujours au dehors... Dans tous les murs il y a une lézarde, Dans toute lézarde il y a un peu de terre, Dans ce peu de terre la promesse d'un germe, Dans ce germe fragile il y a l'espoir d'une fleur, Dans cette fleur la certitude d'un pétale de liberté Oui, la liberté est en germe. Même dans les murs hostiles, Le liberté peut naître D'une fissure, d'une rupture, d'un abandon. Elle peut naître aussi d'une ouverture La liberté a de multiples visages, Elle est parfois la caresse d'un regard Qui a transformé le mien pour en faire un chemin. Les murs sont souvent dedans et Dans ces murs aussi il y a des lézardes... Laisse pousser tes fleurs ! |
||
|
|
La prière de Baltimore
"Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites clairement et doucement votre vérité : et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant ; ils ont aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vaniteux. Il y a toujours plus grand et plus petit que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements, soyez toujours interessés à votre carrière, si modeste soit-elle : c'est une véritable possession dans les prosperités changeantes du temps. Soyez prudents dans vos affaires, car le monde est plein de fourberie. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe : plusieurs individus recherchent les grands idéaux, et partout la vie est remplie d'héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n'affectez pas l'amitié ! Ne soyez pas non plus cyniques en amour, car il est source de tout désenchantement aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une prudence d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères ! De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au-delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles : vous avez le droit d'être ici. Et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix dans votre âme. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau ! Prenez soin de vous... Tâchez d'être heureux." Trouvé dans une vieille église de Baltimore en 1692, auteur inconnu. |
||
|